mercredi 1 juillet 2015

Camille s'en va d’Éliane Girard



Camille s'en va d’Éliane Girard
Broché:  272 pages
Éditeur : Buchet Chastel
Parution : 05 mars 2015
Collection: Littérature Française

  15€00

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Camille vit avec sa mère, Maryline, dans une ville moyenne du nord de la France. Il y a déjà bien des années, son père est mort accidentellement, d'une balle qui ne lui était pas destinée. Maryline, depuis, s'est coupée de tous. Elle survit grâce aux médicaments. Elle oblige sa fille à rester enfermée avec elle dans leur appartement où la télévision, toujours allumée, tient lieu de réel.
La mère et la fille n'ont pas le même regard sur l'image. Pour Maryline, le drame est permanent et sa peur du monde extérieur empire de jour en jour. Pour Camille, à travers un jeu de télé-réalité qui va la motiver à partir, le rêve est à portée de main.
Le jour de sa majorité, excédée par la vie mortifère imposée par sa mère, Camille s'en va.
Elle n'a pas d'amis et très peu d'argent. Elle s'invente un personnage et part en stop, à la découverte des autres - et d'elle-même.
Roman ancré dans le quotidien de 'petites gens', Camille s'en va parle aussi de notre société, de solidarité, de situations extrêmes qui, cependant, ne sont jamais sans espoir.



Du coté de l'histoire: Ce roman est  l'histoire d'une fugue: Une jeune fille Camille, s'en va  de chez elle, elle fuit ce quotidien qu'elle vit et qui l'étouffe depuis sa plus tendre enfance, elle fuit cette mère démissionnaire qui s'abrutit de médicaments à longueur de journée, elle fuit les peurs de sa mère qui l'accompagnent depuis sa sixième année, depuis que son père est mort, tué par une balle alors qu'il allait simplement cherchez un paquet de cigarettes au tabac du coin. Camille vit depuis 12 longues années en recluse, déscolarisée par sa mère qui trouve depuis cet accident que l'extérieur est dangereux n'accorde à la jeune fille que le droit de sortir Toby son chien. Alors deux mois après sa majorité, Camille s'en va vivre ce qu'elle rêve depuis déjà pas mal de temps, elle décide de voyager à la manière des émissions de télévision qu'elle regarde sur son ordinateur, elle veut découvrir tous ces beaux paysages qu'elle a entr'aperçue sur le net. Sa  mère va être aidée par des personnes qu'elle ne connaissait pas jusque là et qui vont à leur manière réussir à tirer cette maman de cette  léthargie si longtemps présente en elle.

Du coté de l'écriture: J'ai beaucoup aimé la plume de l'auteure, elle est fluide, agréable et tellement touchante , j'ai apprécié la pudeur dans ses mots, ce roman est rempli de justesse et de  sensibilité qui ne pouvaient que me toucher. J'ai aimé les personnages et en particulier le trio formé par Lucette, René et Sébastien,  ces personnes qui viennent en aide à  cette maman complètement perdue. J'ai adoré la jeune Camille et ses nombreuses rencontres qu'elle effectue tout au long de son périple. J'ai malgré tout un petit bémol sur cette fin qui me laisse un peu dubitative par sa rapidité, un peu de profondeur je pense aurait été le bienvenu mais cela ne gâche pas la qualité de cette histoire.

En conclusion: C'est  un roman que je vous recommande vraiment, il est rempli de justesse, d’espoir et la plume de  l'auteure est remarquable, j'ai été envoûtée par cette  lecture, par la sensibilité qu'il se dégage de cette histoire 
Je remercie Babelio et les éditions Buchet Chastel pour cette très jolie découverte dans le cadre d'une masse critique privilégiée.


Extraits: 

Elle croisait Camille qui lui parlait peu et s'enfermait dans sa chambre. Chaque mois elle lui montrait ses notes, qui étaient bonnes, les appréciations des professeurs, qui la trouvaient particulièrement douée. Elle ne s'occupait pas de Camille qui, en retour, se conduisait envers sa mère avec automatisme. Elles ne se parlaient pas. Elles échangeaient des informations. Au début, quand elle avait cessé d'aller à l'école, Camille s'était rebellée. Elle essayait de secouer sa mère, elle bravait les consignes. Mais quand elle avait compris que c'était peine perdue, que plus elle tentait de la contrer, plus sa mère allait mal, elle était rentrée dans le rang et avait accepté son sort. Elle n'avait plus que sa mère et sa mère n'avait plus qu'elle. 

Je prends mon carnet.
"L'ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement " (Balzac).
Je me reconnais là-dedans mais ça ne m'aide pas. Je cherche autre
chose.


" Nos actes les plus sincères sont aussi les moins calculés; l'explication qu'on en cherche après coup reste vaine " (Gide).
Gide avait raison. J'ai été sincère, je n'ai rien calculé. Je n'ai rien à expliquer.  

C'est dingue comme les gens sont gentils dès qu'ils pensent que c'est la télé. Parce que la télé est une chose importante.

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