lundi 11 novembre 2013

Traverser la nuit de Martine Pouchain


Traverser la nuit de Martine Pouchain 

Ma note 9/10
  
  • Broché : 219 pages
  • Éditeur: Éditions Sarbacane 
  • Parution :  27 avril 2012
  • Collection : EXPRIM'


Description : 

 

Un grand roman humain «dans le jardin du Bien et du Mal», sur le thème de l'amour infini.

Martine Pouchain raconte la Picardie comme Jim Harrison le Montana : une enquête en forme de conte poétique, des personnages drôles ou inquiétants...

«J'ai vingt-cinq ans et je suis flic, ou comme on veut : keuf, condé, bourre, poulet, perdreau, mickey, cow-boy.»
Le «flic», c'est Vilor. Dans la petite ville picarde où il opère, rien ne se passe jamais... et pourtant, un jour, il y a un meurtre. Pour Vilor, c'est important bien sûr cette histoire de meurtre, vu qu'il est devenu flic pour combattre le mal. Mais ce qui l'est tout autant, c'est Blanche, la fille du mort. D'abord parce que tous les hommes tombent raides dingues rien qu'en la regardant, ce qui fait autant de suspects potentiels... et aussi parce que Vilor est un homme comme les autres, et l'enquête une belle occasion de passer du temps avec elle.  

 


Mon avis :

Après avoir lu Zelda la rouge du même auteur, j'avais envie de découvrir un autre roman de Martine Pouchain, je remercie donc Claire des éditions Sarbacane pour m'avoir permis de le faire en m'envoyant ce roman en service presse car une fois de plus je ne regrette pas ma lecture mais en plus j’ai vraiment aimé l'univers de ce roman dans ce petit village de Picardie avec le patois de cette région que j'ai découvert au fil des pages ( merci au lexique en fin de livre aussi qui m'a bien aidé par moment ) .

 

Du coté de l'histoire : Etrenjoie est un petit village de Picardie dans lequel vivent une cinquantaine d' habitants qui se connaissent tous. Vilor est un flic, il a 25 ans, c'est un enfant du pays. Depuis son retour, il dirige le commissariat qui n’a généralement qu'à se mettre sous la dent  les problèmes des habitués du bar de la commune, les affaires de voisinage ou les chiens écrasés. Or un matin, un cadavre est retrouvé dans une fontaine du village. Ce cadavre n’est autre que le père de Blanche, la plus belle fille du village, âgée de 17 ans et qui fait tourner toutes les têtes masculines, Vilor en premier. Le commissariat est alors sur les dents. C’est l’occasion de mener l’enquête et de creuser ainsi  les personnalités et les réactions de chacun. Le coupable est forcément parmi les habitants d'Etrejoie.

 

Du coté des personnages : Vilor, le narrateur de cette histoire est un enfant du village, il a voulu devenir gendarme pour combattre le mal, pas spécialement proche de son père, il a perdu sa mère étant bébé, il est amoureux de Blanche et fait tout pour qu'elle le devienne elle aussi à son tour. On sent à quel point Vilor est miné par les  délits qu’il combat, c’est un bel idéaliste. La nuit, ses angoisses  remontent, et j’ai beaucoup aimé ces passages teintés d’une atmosphère particulière. C'est un personnage touchant et  attachant et j'ai vraiment beaucoup aimé sa personnalité.

Blanche, 17 ans, fille de la victime, c'est  la plus belle fille du village pour laquelle tous les hommes ont  le béguin , qu'ils soient jeunes ou vieux, riches ou pas, tout le monde veut la mettre dans son lit mais la jeune fille qui en joue beaucoup n'est pas prête à se laisser attraper . Elle est assez spéciale et j'ai pas spécialement réussi a  la cerner avant les dernières pages, elle m'a même franchement agacée par moment.

Nous découvrons aussi pas mal d’habitants du village au fil de l’enquête  avec entre autre Tisse, le sage du village, Fine, la patronne du bar , Bertha, la fille de joie, le maire qui élève un goret avec amour et sa femme devenue volage par manque d'attentions de son mari, le second de Vilor, prénommé l'homme, qui ne dit pas grand chose mais qui réfléchis beaucoup, Popaul, l’idiot du village, et la grand-mère de Blanche, une femme avec un patois bien prononcé, qui se mêle de beaucoup de choses dans la vie de sa petite fille, personnage que j'ai vraiment aimé. 

 

Du coté écriture : L’intrigue policière n’est finalement que secondaire dans ce livre et ne sert que de prétexte pour plonger dans l’ambiance de ce petit village et dans le cœur de chacun. Les villageois et le jargon local font toute la force de ce roman. La plume de l'auteur est toujours aussi fluide et agréable, elle nous fait découvrir un village Picard avec ses us et  coutumes, j'ai vraiment beaucoup aimé le principe. Je dirais même que j'irais bien faire un tour un jour dans cette région car ma lecture m'a vraiment donné envie de la découvrir et d'entendre ainsi parler les habitants. Même si à la base comme je le dis plus haut c'est une intrigue policière, nous ressentons dans ce roman beaucoup d'amour, de tendresse et énormément de simplicité à travers ce récit, je dirais même que c'est une tranche de vie que nous fait découvrir Martine Pouchain à travers cette histoire.


En conclusion :  Traverser la nuit est une petite pépite de sentiments profonds, très forts. C'est un roman qui m'a conquise par son originalité avec une fin que je n'avais aucunement décelée tout au long de ma lecture et qui m'a laissée vraiment perplexe. Un livre que je conseille vivement et une plume à découvrir si ce n'est pas déjà fait.  


Merci aux éditions Sarbacane et à la collection Exprim' pour ce merveilleux partenariat et cette très jolie découverte avec laquelle j'ai passé un réel moment de bonheur.  

 
Extraits : 
« - Bon ! Sinon, quesse tu racontes, min t’chot ?
Fine donne du min t’chot ou ma t’chotte à tout ce qui a moins de quarante ans et demeure au village.
- Ben rien Fine. Vraiment rien de nouveau sous le soleil.
- Teu n’os donc point queure treuvé ch’lassassin ?
- Ca prend du temps, tu sais, mais t’as rien à craindre, je veille sur toi.
- Oh je n’ai point peur ! Mi aussi je n’en o un, de coutieu, et je sais m’in servir  (page 63)

-On va devenir célèbres, dit Émile en ajustant son tir, rien de tel.
-Rien de tel qu'un bon meurtre pour devenir célèbre
-Ça va mieux qu'un tsunami, commente Louis, on s'en tire à meilleur compte.
-N'y o des tourisses qui sont venus tantôt, se mêle Fine en posant des bières sur le rebord de la fenêtre. Ou c'est-y qu'in l'o trouvé, ch'mort? qu'i disaient. C'mint que je te les o assaisonnés avec eume bistouille ! ( page 88) 
L’assassiné cette fois est un cochon - et pas n'importe lequel. C'est Darwin, la bête de concours du maire, qui baigne dans son sang, un vrai carnage pas beau à voir. Il y a des morceaux de lui dans tous les coins du box qui, jusqu'à pas plus tard qu'hier, était sa paisible résidence. La mort en abattoir à coté de ce massacre vous a des allures  de mort médicalement assistée. ( page 135 )

 
Cette lecture fait partie de mon challenge Jeunesse/Young Adult [2013-2014]
  

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