mercredi 19 mars 2014

La fois où je suis devenu écrivain de Vincent Cuvellier


La fois où je suis devenu
écrivain de Vincent Cuvellier                             

MA NOTE: 8/10
Broché: 80 pages
Éditeur :  Éditions du Rouergue
Parution :10 mars 2012 
collection :DoAdo
 
« Je ne comprenais pas où j'allais, mais j'y allais.
Je savais juste que je vivais un des moments les
plus importants de ma vie.
Que ça y était, moi le nul, le redoublant, le presque
dernier de la classe, le 30e sur 31, j'avais réussi
quelque chose. »
À la fin de la troisième, Vincent Cuvellier est viré du
collège. Son adolescence, c'est des stages bidons,
des petits boulots, le chômage… mais aussi les filles
et la rage de s'en sortir. Il sait une chose : il adore
écrire et rêve de devenir écrivain. Alors il écrit, sans
se poser de questions. C'est comme ça qu'il publie
son premier roman. À 16 ans. Vingt-cinq ans plus
tard, il se souvient de ses débuts d'écrivain.
Un livre vrai qui claque fort !
 
Mon avis :  Voila une très jolie autobiographie de Vincent Cuvellier à la fois courte et sincère, on découvre les hauts et les bas de cet écrivain maintenant reconnu. Encore un superbe roman des éditions du Rouergue rempli d’authenticité

Du coté de l'histoire : c'est l'histoire d'un garçon un peu paumé, déscolarisé, qui se révèle à tous par un concours d'écriture.
Lui qui est toujours l'un des derniers de la classe, remporte un jour le premier prix littéraire .
Ce prix n'est que le début de son périple, en effet ce n'est pas un début où tout lui sourit, non il va devoir  affronter beaucoup d’obstacles pour être l'écrivain reconnu de maintenant. 
À chaque page l'auteur nous rappelle que pour se construire, il faut du temps. Rien n'est jamais gagné d'avance. Ce prix littéraire, c'est ce qu'il lui fallait pour prendre  confiance en lui et c'est ce qui va permettre à Vincent de tenir et de réussir.
 
Du coté de l’écriture : Elle est fluide, les mots sont pesés, j'ai vraiment passé un agréable moment de lecture avec ce jeune auteur, les pages défilent tantôt on y croit tantôt on y croit plus au rythme des aléas que rencontre Vincent Cuvellier, mais dans ce texte nous découvrons aussi un grand message d'espoir, pour tous les adolescents qui sont un peu perdus et qui ne savent pas comment aborder leur début de vie, ils vont découvrir qu'a force de ténacité et de confiance en soi et aux  autres parfois et bien ils pourront réussir ce qu'ils entreprendront.
 
En conclusion : Un court roman rempli de sincérité, touchant et émouvant dans lequel  on découvre un peu mieux cet auteur quarantenaire. Moi qui connais bien l'écriture de cet auteur à travers les livres plus jeunesse puisque j'ai lu la série: Émile à ma fille et que j'ai englouti le recueil d'histoires: Benjamin et ses copains, j'ai vraiment été ravie de découvrir cette autobiographie avec laquelle j'ai passé vraiment un excellent moment de lecture.
 
Extraits
 
« Surtout ce soir-là, j'ai compris qu'on pouvait se servir de la culture, de la poésie, de la littérature, des mots, pour humilier et mépriser les autres. Et c'est ce soir-là que j'ai décidé, autant que possible, de ne jamais le faire. »
 
« Un cri. Non. Deux cris. Même si j'ai tué ma mère, je sais que j'ai bien fait. C'était la loi du plus fort. J'ai gagné. Tiens, prends-toi ça dans la gueule. Ces lignes, tu vois, ce sont les premières que j'ai écrites et qui ont été publiées. J'avais 16 ans, et fallait pas m'emmerder. Aujourd'hui j'ai dépassé 40, et faut toujours pas m'emmerder. Mais aujourd'hui, je suis écrivain. Punaise, j'adore dire cette phrase. »
 
 
« L'école a été pour moi une longue et incompréhensible épreuve. Je n'ai jamais compris pourquoi j'y allais, pourquoi je devais m’asseoir avec tous ces gens que je ne connaissais pas, que je n'ai pas envie de connaître et d'apprendre des choses que je n'ai pas envie d'apprendre. J'avais l'impression qu'on voulait faire de moi un bon petit soldat, on voulait m’apprendre à obéir, mais que jamais on ne m'expliquait pourquoi je devais obéir. La cassure s’est faite très jeune, en CE2, où le maître nous appelait par nos noms de famille. «Cuvellier, au tableau.» C'est con, hein, mais à huit ans, j'avais envie qu'on appelle Vincent. Il me faisait peur, mais je devais le voir tous les jours. Pire : j'habitais en face de l'école. J'ai commencé à dégringoler. De bon élève, je suis descendu dans les profondeurs. Je n'étais pas dernier, j'étais avant-dernier. Le dernier, lui, a été dirigé un peu plus tard dans une institution spécialisée pour déficients mentaux. »
 
 
 
Cette lecture fait partie de mon challenge Jeunesse/Young Adult [2013-2014]

  

 
   

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